Votre informatique ne “tient pas” : elle vous endette
Dire « ça fonctionne encore » est probablement l’une des phrases les plus coûteuses du monde de l’IT.
Car une informatique qui « tient » n’est pas une informatique saine.
C’est une informatique endettée.
Et comme toute dette mal gérée, elle finit toujours par se payer. Avec intérêts.
La dette technologique : le crédit revolving de l’informatique
La dette technologique, ce n’est pas une notion abstraite réservée aux développeurs ou aux grandes entreprises.
C’est très concret :
des serveurs trop anciens mais jamais remplacés,
des systèmes hors support parce que “mettre à jour, c’est risqué”,
des configurations spécifiques que plus personne ne maîtrise,
des exceptions empilées au fil des années.
À chaque fois, la décision est la même :
on gagne du temps aujourd’hui, on emprunte sur demain.
Le problème, c’est que demain arrive toujours.
Ne pas maintenir, c’est choisir de compliquer
Un système informatique non maintenu ne reste pas stable.
Il devient fragile, même s’il ne tombe pas encore en panne.
Pourquoi ?
Les éditeurs arrêtent le support.
Les failles de sécurité s’accumulent.
Les compétences disparaissent.
Les standards évoluent sans vous.
Résultat : chaque intervention devient plus lente, plus chère, plus risquée.
Ce qui prenait une heure en prend quatre.
Ce qui se corrigeait simplement devient un projet.
La dette technologique ne se voit pas dans les tableaux de bord.
Elle se voit dans la sueur froide lors du prochain incident.
“On fera ça plus tard” est rarement une stratégie
Plus on attend, plus sortir de la dette devient compliqué :
parce que l’existant est mal documenté,
parce que tout est interconnecté,
parce que l’activité ne peut pas s’arrêter,
parce que le moindre changement fait peur.
C’est le piège classique :
on ne bouge pas parce que c’est risqué, et c’est risqué parce qu’on ne bouge pas.
À ce stade, l’informatique n’est plus un outil.
C’est une contrainte permanente.
Oui, sortir de la dette technologique est difficile
Il faut le dire franchement :
remettre un système à plat n’est ni rapide, ni confortable.
Cela implique :
de regarder la réalité en face,
de faire des choix parfois impopulaires,
d’investir là où on avait pris l’habitude de repousser.
Mais c’est un passage obligé.
Car il n’existe pas de scénario où la dette technologique disparaît toute seule.
Après la dette, l’informatique devient… ennuyeuse
Et c’est précisément là que tout change.
Une fois la dette éliminée :
les systèmes sont standards,
les mises à jour deviennent routinières,
les incidents sont rares et prévisibles,
les coûts sont maîtrisés,
les décisions redeviennent simples.
L’informatique cesse d’être un sujet quotidien.
Elle devient une commodité.
Comme l’eau.
Comme le gaz.
On tourne le robinet, ça coule.
Et personne ne fait une réunion pour en parler.
Une informatique invisible est une informatique réussie
Quand l’IT est bien gérée :
les équipes travaillent sans friction,
la direction n’anticipe plus la panne,
les projets métiers ne sont plus freinés par la technique,
le prestataire n’est plus en mode pompier.
Ce n’est pas spectaculaire.
Ce n’est pas “innovant” au sens marketing.
Mais c’est extrêmement efficace.
La vraie question à se poser
La question n’est pas :
“Est-ce que notre informatique fonctionne encore ?”
La vraie question est :
“Combien nous coûtera-t-elle le jour où elle cessera de tenir ?”
Car à ce moment-là, il ne s’agira plus de maintenance, mais de remboursement immédiat de toute la dette accumulée.